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Les compte-rendus des congrès

Compte-Rendu – Convention du Forum d’Oc à Saint Maximin – 14 Avril 2018

PROMOUVOIR L’OCCITAN-LANGUE D’OC

DANS LES PROGRAMMES D’ACTION DES PARCS NATURELS

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Accueil et intervention des élus    

Monsieur le Maire de Saint Maximin était représenté par Monsieur l’Adjoint Laurent Martin, qui ouvre en son nom les travaux de la Convention, remercie le Forum d’Oc d’avoir choisi sa ville pour y tenir ce rassemblement, et souhaite à l’assemblée des travaux fructueux. Il annonce la venue de Madame la Première Adjointe Mireille Bœuf déléguée à la culture et au patrimoine historique. Monsieur Alain Decanis, conseiller municipal, assiste également à la Convention. Le Président du Forum Guy Revest remercie la Municipalité d’avoir mis gracieusement à la disposition du Forum, par l’intermédiaire de  l’association La Madalenenco, la salle des Fêtes de Saint Maximin.    

Accueil par l’Association La Madalenenco 

La Convention était donc accueillie par l’association la Madalenenco, école félibréenne, membre du Forum d’Oc depuis sa fondation.  Le Président Michel Petit rappelle que l’association fête cette année ses cinquante ans, et expose ses diverses activités dans le domaine de la promotion de la langue d’oc. Il rend hommage au rôle du Majoral René Reybaud présent dans la salle et souligne que l’association s’est engagée pour que la langue régionale soit présente dans la Charte du Parc de la Sainte Baume.

La situation du Forum d’Oc

Le Président du Forum donne la liste des personnalités qui se sont excusées de ne pouvoir assister à la Convention et résume brièvement les objectifs du Forum, qui rassemble à ce jour 421 adhérents, associations, collectivités territoriales, élus, entreprises, groupes artistiques.  Il réitère ses remerciements à la Municipalité et à l’association La Madalenenco, et justifie le choix du thème de la Convention en rappelant que les Parcs régionaux occupent un tiers de la superficie de la région et que s’y rassemble environ le cinquième de sa population. En citant le slogan des Parcs régionaux Une autre vie s’invente ici, il souligne l’importance de s’appuyer sur le socle patrimonial de la Région pour développer l’originalité de sa personnalité, qui constitue son attractivité et qui renforce la volonté de ses habitants de promouvoir un développement spécifique respectueux du milieu et de son héritage. 

Lire le discours du Président Guy Rivest

Le Président du Forum remet le diplôme et les insignes du label Reconnu Garant de l’Oc à deux entreprises situées sur le territoire du Parc de la Sainte Baume et qui viennent d’adhérer au Forum : le Domaine viticole de la Jacourette à Pourrières et l’exploitation apicole Labeillevie à Auriol. 

Le Forum d’Oc et le Parc Régional de la Sainte Baume

Monsieur Alexandre Noël, Directeur du Parc Régional de la Sainte Baume, présente les excuses du Président du Parc, Monsieur Michel Gros, retenu pour des raisons familiales. Il se félicite que la Convention se tienne à Saint Maximin la Sainte Baume, l’une des deux communes qui portent le nom du Parc, chargé de souvenirs historiques qui touchent particulièrement la tradition provençale, également présente à Brignoles, une des résidence des Comtes de Provence. Il était naturel que le provençal soit pris en compte dans la Charte du Parc, avec deux objectifs principaux : faire rayonner la culture provençale et améliorer la visibilité de la langue régionale, qu’un certain nombre de dispositions de la Charte visent à promouvoir. Il s’agira en particulier d’organiser des parcours thématiques autour du provençal et réaliser une signalétique routière bilingue qui va se manifester déjà dans la pose de panneaux bilingues à l’entrée des communes du Parc ; de soutenir des programmes d’apprentissage de la langue, et d’éditer un guide des spécificités du Parc donnant une large part à la présence de la langue (toponymie, désignation des espèces vivantes, etc.). 

Ecouter et voir un extrait de l’intervention de Monsieur Alexandre Noël

Monsieur Michel Arnaud, Président du Comitat Provençau de la Santa Bauma-Coumitat Prouvençau de la Santo Baumo, rappelle l’investissement qui a été pendant cinq ans celui des membres de ce Comité, issus des milieux du Félibrige et de l’Institut d’Etudes Occitanes, pour inciter à la prise en compte de l’occitan-langue d’oc dans la Charte du Parc, tâche qu’il s’attachera naturellement à poursuivre à l’avenir : socialiser la langue, la rendre visible dans la signalétique, les publications ; développer des programmes d’apprentissage en milieu scolaire et en milieu professionnel, à commencer par les agents du Parc et les Offices de tourisme ; associer la population au projet par une animation ciblée ; valoriser le patrimoine matériel et immatériel, sans le déprécier dans la folklorisation, mais l’intégrer comme composante du développement. Dès à présent, la carte du Parc qui vient d’être éditée pour le grand public inclut le provençal maritime dans les deux graphies classique et mistralienne. Rappelant les obstacles auxquels s’est heurtée la volonté du Comité, et la détermination avec laquelle il a su les surmonter, Monsieur Arnaud appelle à rester attentif au respect des engagements.

Voir les engagements de la Charte du Parc en faveur de l’occitan-langue d’oc.

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Lire le texte de l’intervention de Monsieur Michel Arnaud

Ecouter et voir la conclusion de l’intervention de Monsieur Michel Arnaud

Un exemple de démarche concertée est fourni par le projet de l’école élémentaire Jean-Mermoz 2 d’Aubagne sur la découverte du patrimoine naturel et du patrimoine industriel du massif de la Sainte Baume. Ce projet a été financé dans le cadre du Prix des Jeunes attribué par l’Association Culturelle Provençale de Ventabren et l’AELOC, et a donné lieu à un film du Comité Provençal de la Sainte Baume.

Voir le film sur le projet de l’école Jean Mermoz.

Un exemple : l’occitan-langue d’oc dans le Parc Naturel du Périgord-Limousin

Madame Stéphanie Pouplier, chargée de mission pour la culture occitane, a bien voulu préparer un document très complet à l’intention de la Convention du Forum d’Oc pour présenter l’action du Parc du Périgord-Limousin dans ce domaine. Un problème technique n’a pas permis d’associer le son aux images du document, et Monsieur Michel Arnaud les a commentées à partir de son écoute préalable de la partie sonore.

 

Table ronde et débat avec le public :  des intentions au concret

La table ronde était présidée par Monsieur Jean-Marc Thénoux, Président de l’Ecomusée de la Sainte Baume. Elle réunissait Madame Marie-Françoise Lamotte, Directrice d’école à Puyloubier, Monsieur Robert Eymoni, restaurateur et spécialiste de gastronomie provençale, Monsieur Denis Fiorile, apiculteur à Auriol, Claude Holyst, Directeur de l’Agence Régionale pour l’Environnement, Monsieur André Inaudi, de l’Association Pays et Gens du Verdon. Trois autres intervenants ont dû renoncer à être présents pour raisons impératives, Madame Hélène Dragon, exploitante du domaine vinicole La Jacourette à Pourrières, Madame Eliane Tourtet, journaliste et conseillère municipale dans le Parc des Baronnies, et Monsieur Jean-Marc Couve, député-maire honoraire, président de l’Association Maures-Développement durable.

Monsieur Jean-Marc Thénoux rappelle son attachement à la langue provençale de par ses origines dans le terroir de la Sainte Baume, son rôle dans le Conseil de Parc, sa fonction au sein de la Fédération des Ecomusées en relation avec la Fédération des Parcs naturels régionaux français. A partir du thème général de la Convention, et celui de la table ronde qui consiste à s’interroger sur les moyens concrets de développer la langue dans les actions menées par les Parcs naturels, il demande aux participants de présenter les démarches et projets qui peuvent efficacement concourir à ce but, puis les obstacles rencontrés et comment ils ont pu être surmontés ; suivra un débat avec la salle.

Madame Marie-Françoise Lamotte insiste sur le rôle des associations pour faire avancer la langue dans l’enseignement, et la nécessité de mutualiser les initiatives des établissements scolaires. Les moyens de l’Education nationale sont de plus en plus réduits, l’enseignement demande des supports attrayants, des projets motivants que seul le milieu associatif aidé par les collectivités territoriales peut fournir. La mise en commun des réalisations entre les établissements est indispensable, elle restent  pour l’instant éparses et isolées. 

Monsieur André Inaudi  rappelle les origines de l’association « Pays et Gens du Verdon » fondée en 1991 par Daniel Daumas, et regrette que les actions de sensibilisation à la langue autrefois initiées dans la région du Verdon à destination du public et particulièrement du milieu scolaire aient été abandonnées. Il déplore la perte de la transmission de la mémoire dans des zones devenues des « territoires sans nom » . L’association dont il est administrateur a pour ancrage cette zone géographique, mais la problématique qu’elle dessine présente une portée universelle ; avec la revue qu’elle publie, et où la langue régionale est présente, elle se donne pour mission de rechercher les personnes porteuses d’une mémoire et susceptibles de la transmettre.  

Monsieur Claude Holyst rappelle qu’il a commencé sa carrière comme stagiaire dans la zone du Parc du Verdon, et dans le travail qu’il menait sur la question du foncier il a perçu le lien qu’elle entretient avec la culture. L’Agence régionale pour l’Environnement qu’il dirige est souvent perçue comme limitée à la protection du milieu naturel, tout comme les Parcs qu’on tend à percevoir comme des réserves, alors que l’une et les autres ont pour mission de susciter un dynamisme dans tous les aspects du développement durable, incluant les pratiques sociales et les façons de vivre dans les territoires, facteur d’identification et donc d’ouverture, la langue étant à la fois moyen d’intégration interne et de communication, non seulement dans tout l’espace occitan, mais dans l’espace latin et méditerranéen et même au delà : ainsi la technique de la pierre sèche se retrouve en Ecosse aussi bien qu’en Amérique latine. 

La région est un espace de forte intégration, aussi bien depuis les  régions françaises du Nord de la Loire que des foyers d’émigration. La fierté d’appartenir à un territoire est un élément de forte complicité qui constitue aussi un facteur d’attractivité. Ainsi l’entreprise L’Occitane a des succursales dans toutes les capitales ; elle a structuré des filières de plantes aromatiques sur son territoire : on voit ainsi comment s’établit le lien entre le local et l’international. La difficulté est de faire passer ces messages au sein des institutions : on peut y parvenir en créant des binômes élus-techniciens, mais au sein des Parcs il n’y a pas de fonction chargée spécifiquement de la langue et de la culture régionale. Sans cette double cheville, la démarche est bloquée.

Voir et écouter un extrait de l’intervention de Monsieur Claude Holyst

Monsieur Denis Fiorile remercie le Forum d’Oc de lui donner l’occasion. de présenter ses produits. En tant que producteur il se pose naturellement la question du devenir global du territoire et le rôle que peut y jouer la constitution d’un Parc naturel. Prenant l’exemple de la ville d’Auriol, il soulève le problème actuel d’une zone agricole susceptible d’être déclassée. Pour limiter le bétonnage des espaces naturels, une action solidaire s’impose.  

Monsieur Robert Eymoni évoque d’abord son étonnement lorsque, enseignant dans l’Agence Nationale pour la Formation à Istres, il constate que sur les 32 semaines de formation des cuisiniers, une seule semaine était consacrée à la cuisine provençale. Il souligne l’importance du lien avec la langue dans la transmission des savoirs en matière de gastronomie et d’alimentation (des tapenades sans « tapenas » !), des manières de table aussi. Il juge donc encourageantes les intentions du Parc de la Sainte Baume et du Luberon pour promouvoir la pratique de la langue.

Monsieur Jean-Marc Thénoux pose alors la question de cerner les éléments de blocage qui entravent la prise en compte de la langue et de la culture régionale dans les programmes d’action.

Monsieur André Inaudi remarque que la liste des obstacles est déjà dressée, et qu’on continue à s’y heurter. La perte de la transmission de la mémoire a commencé par la famille, les manières et façons de s’exprimer. Ce qui a constitué les éléments de la culture régionale s’est érodé ; quand on recherche ses formes originelles, il faut se tourner vers le passé. La culture dominante des villes se propage, les urbains voient la nature comme sauvage, alors qu’elle a été partout transformée par le travail humain, et on ne s’intéresse pas aux savoirs non répertoriés. Il craint que les Parcs participent à ce « jacobinisme » culturel.  

Madame Marie-Françoise Lamotte déclare que les programmes de l’Education Nationale sont très ouverts, mais restent sans moyens spécifiques adéquats, et le caractère facultatif de cet enseignement le rend très instable. La formation initiale est inexistante dans le premier degré, la formation continue à peu près autant, malgré les efforts des conseillers pédagogiques de langue régionale des Bouches du Rhône, présents dans la salle. Le CAPES d’occitan-langue d’oc offre quatre places annuelles pour l’ensemble des pays occitans. La proportion des élèves rencontrant la langue régionale varie entre 1 et 3 % de l’effectif total dans le premier et le second degré pour les deux Académies de Nice et de Marseille. Le soutien de l’institution est défaillant, aucune nouvelle classe bilingue ne s’est ouverte depuis des années à Aix-Marseille et quasiment rien dans l’Académie de Nice. Ailleurs la situation est contrastée : le département de l’Hérault risque de perdre son unique conseiller pédagogique de langue régionale. En revanche, à Toulouse, le nombre de classes bilingues est en progression tous les ans, le Conseil Régional offre des bourses aux étudiants qui s’engagent à exercer dans une école bilingue : on en est loin ici ! La volonté politique est un appui indispensable.

La pente naturelle de la demande parentale met en concurrence la langue régionale avec l’anglais et à présent le chinois, sans percevoir que l’important est la fréquentation d’une autre langue dès la petite enfance, dans une situation pourvue de sens : il est absurde de commencer l’apprentissage du chinois à 4 ans si on n’a pas le projet de vivre en Chine, alors que les occasions de rencontre avec la langue régionale seront bien plus significatives dans le quotidien du milieu de vie de l’enfant. Toute la partie du programme concernant la découverte du monde peut se faire en utilisant la langue régionale, et permet des activités centrées sur le milieu de vie ou des explorations en ligne. Quand on explique ces arguments aux familles et aux élèves on est suivi avec enthousiasme, mais ce travail constamment à renouveler est très coûteux en énergie .   

Monsieur Claude Holyst  distingue les obstacles individuels qui conduisent à ne pas oser parler la langue à ses enfants, à son entourage ; il remarque que dans son village de Pourrières bien des gens savent la parler mais s’en abstiennent : il faut susciter les enthousiasmes et donner du sens à la volonté de s’approprier la langue ; et les obstacles collectifs, qui proviennent de ce que l’usage de la langue ne véhicule pas une image de modernité, bien que cette critique s’atténue à présent. Mais la société contemporaine vit dans le court terme, la tyrannie de la rentabilité, les références prétendues de la mondialisation qui truffent les discours d’anglicismes branchés. L’intérêt du Forum d’Oc est de vouloir bâtir une vraie stratégie politique, qui remonte depuis les cercles militants et qui cherche à se faire valider par les politiques, en passant par le niveau régional qui a des compétences en ce domaine pour parvenir à un stade décisionnel utile. 

Monsieur Robert Eymoni constate le manque de bain culturel et linguistique. La nouvelle génération qui perdu la langue peut recevoir au mieux quelques heures d’enseignement du provençal en milieu scolaire, mais hors de l’établissement la langue est exclue. C’est ce vide qu’il faut arriver à combler.

Le débat

Monsieur Marc Dumas, représentant la Présidente du Parc du Luberon, recherche ce qui fait le lien entre toutes les pistes qui ont été évoquées : c’est à ses yeux la connaissance. Se référant à Pierre Martel, fondateur du mouvement des Alpes de Lumière, pour qui tout commence par la géologie, il suggère de s’interroger sur la géologie de notre langue, et évoque le rapport entre la langue et le milieu, en prenant l’exemple de la toponymie. Rappelant son action pédagogique tant auprès du public scolaire qu’adulte, il relate l’expérience d’auditeurs de ses cours, originaires d’une autre région, qui ont utilisé leurs connaissances de provençal pour approcher l’espagnol lors d’un voyage au Mexique. Le provençal peut jouer un rôle majeur dans le processus d’intercompréhension des langues romanes. Mais encore faut-il que la volonté de le promouvoir soit efficiente. Rappelant son rôle déterminant dans la création de la Calandreta d’Orange, passée en quelques années d’un groupe de dix élèves à trois classes, il ne peut  que déplorer que seulement deux écoles de ce type aient été créées en Provence, alors qu’il y en a une dizaine dans la région toulousaine.

 

Monsieur Bernard Vaton, président de la Fédération des Calandretas de Provence, rappelle que ces écoles laïques associatives  en contrat avec l’Etat sont actuellement au nombre de 71, qu’elles débouchent sur 4 collèges et un lycée. Elles emploient 220 enseignants dont 180 sont des contractuels de l’Etat, et elle dispose d’un centre de formation national à Béziers. Elles ont comblé le vide laissé par l’Education Nationale en la matière. Mais notre région n’en compte que deux. De l’autre côté du Rhône, les régions consacrent deux millions d’euros aux Calandretas, la nôtre lui en consacre 55 000. Il déplore l’absence d’une politique régionale de promotion de la langue comparable à celle des autres régions occitanes ou à celle du Conseil Régional de Bretagne. La politique nationale n’est pas plus favorable ; on a même récemment allongé à 5 ans de fonctionnement sur ressources propres le délai nécessaire avant qu’une école nouvellement créée soit contractualisée. 

Monsieur Michel Neumuller, journaliste et rédacteur du journal papier et électronique Aquò d’Aquí, donne en exemple le travail de l’Agence Régionale de l’Environnement qui publie des brochures trilingues (français, anglais, provençal) sur la régénération d’espèces menacées, comme la vipère d’Orsini ou la tortue d’Hermann. Les Parcs naturels pourraient s’emparer de cette démarche.

Monsieur Christian Ollivier se félicite de l’intérêt des interventions et attire l’attention sur la nécessité de préserver à la région son nom de « Provence ». Il souhaite que la question soit abordée dans le cadre du Forum. 

On rappellera à ce sujet que le Forum a adressé un courrier en ce sens au Président du Conseil Régional.   

Le travail des Commissions

Lire les comptes-rendus des trois Commissions du Forum      

Commission Développement durable, pouvoirs locaux

Commission Culture et Communication

Commission Enseignement et Formation

Les conclusions du colloque par Monsieur Jean-Marc Thénoux

Lire les conclusions

Article de Var Matin

Article Var-Matin  

   

  

 

 

Compte-rendu du COLLOQUE DE ROUSSET le 25 novembre 2017

LA LANGUE D’OC ET LA QUESTION DE L’IDENTITÉ

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Les colloques de l’AELOC scandent tous les deux ans la vie de notre réseau en proposant le seul rassemblement régional d’envergure sur l’enseignement de la langue et des conditions de sa transmission.

Le douzième depuis la création de l’association inaugure une réflexion urgente sur la question de l’identité, source de débats passionnés et de divisions profondes dans la société nationale comme régionale. Echanges et apports ont en tout cas été unanimement appréciés pour leur haute qualité.

Il s’agissait d’abord de mettre le sujet dans la perspective de l’enseignement qui est le but de l’AELOC : un bref rappel de la situation en milieu scolaire présenté par Nathalie Wurbel en montrait à la fois les avancées indéniables depuis les trois ou quatre dernières décennies et les fragilités permanentes, crûment mises en valeur par les impitoyables statistiques des deux rectorats régionaux : moins de 3 % des écoliers, 2 %  des collégiens, 1 % des lycéens sont touchés par cet enseignement, et reste à savoir à quel niveau d’efficacité pour chacun.

1. Nathalie Wurbel. Les chiffres officiels des Académies d’Aix-Marseille et de Nice

Mireille Benedetti, à partir des compétences que lui confère sa fonction d’élue régionale et d’adjointe aux affaires scolaires à La Ciotat, s’attachait ensuite à cerner l’identité régionale pour laquelle la nouvelle mandature a décidé de confier une mission à l’un des Vice-Présidents du Conseil Régional, Philippe Vitel, et en faveur de laquelle l’assemblée régionale a voté une de ses premières délibérations en Juin 2016.

2. Mireille Benedetti. L’identité régionale

Représentant le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale des Bouches du Rhône, Pierre Blache, Inspecteur de l’Education Nationale dans le territoire où se tenait le colloque, rappelait l’intérêt porté par son Administration à ce chantier, et reprenait l’historique du projet spécifique qui a permis au département de le développer de façon aussi originale que prometteuse.

Le diaporama de l’intervention: Identité régionale

3. Intervention de l’Inspecteur Pierre Blache représentant le Directeur Académique

Il fallait ensuite cerner le concept même d’identité dans sa relation avec les langues de France, et c’est à ce défi que s’affrontait Christian Lagarde, professeur à l’Université de Perpignan, qui avait accepté de remplacer Pascal Ottavi de l’Université de Corte prévu par le programme et empêché pour raison de santé.

Dans un exposé d’une parfaite clarté, il synthétisait l’évolution du statut des langues de France dans les deux derniers siècles, puis exposait les approches fondamentales du concept d’identité en s’appuyant sur les travaux de Fredrik Barth, de Gilles Deleuze et Félix Guattari, ainsi que de Paul Ricœur, pour opposer une conception contrainte par la pression du groupe à une démarche d’ouverture plus libérée, à la première correspondant le sentiment d’appartenance, la métaphore de la racine, la notion de « mêmeté » uniforme ; à la seconde la notion de référence, l’image botanique du rhizome, et le concept d’ipséité selon Paul Ricœur, possibilité d’être soi-même dans toute la diversité de chaque individu.

La vidéo Un film du Cep d’Oc, Image et montage Marie-Françoise LAMOTTE a retrouvé également sur le site de l’AELOC

 

4. Les langues de France devant la question de l’identité. Intervention du Professeur Christian Lagarde

Sur ces bases, et après un dialogue avec l’assistance, Pierre Blache menait avec rigueur et dextérité un riche débat qui faisait intervenir, autour de Christian Lagarde, une Directrice d’école maternelle, notre collègue Marie-Françoise Lamotte, un professeur d’occitan-langue d’oc, notre collègue Mathieu Poitavin, et Abdelhak Elhadi, Directeur des Accueils de Loisirs de la Ville de La Ciotat qui développe un vaste projet d’approche de la langue d’oc en relation avec les écoles publiques.

Le texte de Christian Lagarde : Le concept d’identité appliqué aux « langues de France »

 

L’intervention

5. Une langue pour rassembler. Débat animé par l’Inspecteur Pierre Blache

Miquèu Montanaro, après avoir rappelé la grande diversité des origines de son groupe familial, montrait comment les échanges nourrissent chaque identité sans l’altérer, mais en accompagnant ses inéluctables évolutions. Cette démarche d’intégration s’est incarnée dans le village varois de Correns dont la dynamique s’est développée en concomitance avec l’installation du Centre de création des nouvelles musiques traditionnelles et du monde.

Ce mode de création, Miquèu Montanaro et son fils Baltazar avec qui il forme le duo « Ki », d’un mot hongrois qui a pour connotation l’extériorité tout en servant à interroger sur l’identité, en donnait de brillants exemples dans un climat intime et attentif.

6. L’identité provençale s’ouvre au monde : la voie de la création musicale. Miquèu et Baltazar Montanaro

Les partenaires de l’AELOC au sein du Forum d’Oc avaient apporté leur concours habituel, par leur présence et par la tenue de stands présentant les productions culturelles et pédagogiques de chacun. L’association l’Aigo Vivo de Rousset a assuré un accueil spectaculaire démontrant l’originalité de sa recherche qui retravaille la tradition à travers le contemporain et sait y associer la jeune génération.

Enfin, la réception de la Ville de Rousset, inaugurée par l’intervention de l’Adjoint Délégué à la Culture au nom du Maire, a été chaleureuse et irréprochable, avec un personnel municipal attentif au moindre détail, et l’offre d’un généreux apéritif qui a terminé la journée dans une joyeuse ambiance.

La vidéo à retrouver également sur le site de l’AELOC

Compte-Rendu – Congrès du Forum d’Oc à Forcalquier – 14 octobre 2017

L’OCCITAN-LANGUE D’OC ET L’ESPACE RURAL

Quels rapports entre langue et territoire 

 

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le 14 Octobre 2017

En préambule du Congrès, le Professeur Jean-Claude Bouvier a présenté l’ouvrage qu’il a rédigé avec Claude Martel du CNRS, La langue d’oc telle qu’on la parle, dernier volume du monumental Atlas Linguistique de Provence édité dans une présentation claire et attrayante par la revue Alpes de Lumière.

 

Interventions des élues et élus

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Le Maire de Forcalquier, Gérard Avril, dont la commune vient d’adhérer au Forum d’Oc,  a ouvert le Congrès en rappelant ce que sa ville avait apporté à l’histoire de la Provence et assuré le Forum de son entier soutien. La Vice-Présidente du Conseil Départemental des Alpes de Haute-Provence, Nathalie Ponce-Gassier, déléguée à la langue provençale, prenait ensuite la parole dans un excellent provençal pour rendre hommage aux actions du Forum et l’assurer de l’entier appui de la collectivité qu’elle préside.

Après avoir évoqué le décès récent du Président Gilbert Sauvan, elle rendait hommage au travail des élus qui l’avait précédée, Marcel Clément et Geneviève Primiterra, qui prenait la parole à son tour pour apporter le salut de la Ville de Digne aux congressistes.

Enfin, Bruno Genzana s’adressait aux congressistes au nom du Président du Conseil Régional et du Vice-Président Philippe Vitel, délégué à l’identité régionale. Il traduisait la sollicitude du Président Renaud Muselier qui s’inquiète de voir notre langue en danger et qui souhaite voir ses défenseurs « debout, forts et unis ».

Le Président du Forum d’Oc Guy Revest, après avoir noté que c’était la première fois que le Conseil Régional était représenté à une manifestation du Forum, remettait aux collectivités territoriales et aux entreprises nouvellement adhérentes du département le diplôme d’adhésion au Forum et les insignes du label « Reconnu Garant de l’Oc ».

Etaient ainsi distingués la Ville de Forcalquier, le Conseil Départemental des Alpes de Haute Provence, la Ville de Digne, la ville de Saint Etienne les Orgues, l’entreprise des Distilleries et Domaines de Provence et l’hebdomadaire Haute Provence-Infos. Egalement les municipalités présentes au congrès qui adhèrent au Forum, la Ville d’Auriol et la Ville de La Seyne sur Mer.

La Municipalité de Gap était représentée par Mme. Raymonde Eynaud. Les Maires de Martigues, Nice, Opio, Sisteron ont fait excuser leur absence.

Guy Revest faisait ensuite le point sur la situation du Forum d’Oc, en démontrant qu’il restait fidèle à ses objectifs d’échanges et de convergence de tous les promoteurs de l’occitan-langue d’oc dans la région. Il annonçait la Convention du Forum en Mars 2018, à Brignoles ou Saint Maximin, sur le thème de la présence de la langue dans les programmes des parcs régionaux, et le Congrès d’Octobre 2018 à Nice sur le thème « Vivre en diversité en Provence-Alpes-Côte d’Azur », où sera posée la question du rôle de la langue dans l’intégration des diverses composantes humaines d’un territoire mondialisé.

Le Forum d’Oc compte désormais 412 membres, associations, collectivités territoriales, entreprises, élus, groupes artistiques. Chacun est appelé à continuer à en accroître le nombre.

 

Du patrimoine à la transmission

C’est l’historien forcalquiérain Jean-Yves Royer qui ouvrait cette première partie du colloque en présentant le rôle de la Haute Provence dans la structuration de l’occitan-langue d’oc. Il rappelait que l’une des premières chartes occitanes a été écrite à Forcalquier. Il évoquait le rôle des comtes de Forcalquier dans le développement du mouvement littéraire et artistique des troubadours, dont plusieurs et non des moindres sont originaires du territoire alpin, Albertet de Sisteron, Boniface de Castellane, la comtesse de Die, et Raimbaud de Vachères assigné par erreur à Vacqueyras.

L’écrit en langue d’oc conquiert ensuite l’espace public dans les documents municipaux et les échanges privés. Trois ouvrages importants marquent le XIX° siècle : la Grammaire du peuple de Louis Masse, publiée à Digne en 1840, Le Dictionnaire provençal-français du Manosquin Joseph-Toussaint Avril publié à Apt en 1839, le Dictionnaire Provençal-Français ou dictionnaire de la langue d’oc ancienne et moderne de Simon Jude Honnorat, publié à Digne en 1847.

Louis Masse et Simon Honnorat ont choisi la graphie classique, Damase Arbaud en défendra le principe dans la préface de son recueil des Chants populaires de la Provence. Le mistralisme va s’épanouir avec Eugène Plauchut, Paul Arène, Lazarine de Manosque, Léon de Berluc-Pérussis organisateur des Fêtes Latines de 1882 et champion de l’idée de solidarité du monde latin.

L’affaiblissement contemporain de la langue justifie une action d’autant plus urgente que, par exemple, sa présence même dans les noms de lieux n’est plus comprise et donne lieu à des interprétations aberrantes.

Alain Garcia, responsable adjoint du master qui prépare aux métier de professeur des écoles au site de Digne de l’École supérieure du Professorat et de l’Education, présentait ensuite l’unité d’enseignement optionnelle Occitan-Langue d’Oc qui est proposée dans  cette institution de même que dans les autres sites de l’ESPÉ de l’Académie. Cette UE est financée par les Conseils Départementaux des Alpes de Haute Provence et des Bouches du Rhône.

Dans un site qui compte relativement peu d’étudiants, il n’est pas facile de recruter une équipe qui se consacre à l’apprentissage de la langue, mais ce projet doit permettre d’introduire tout ce qui relève de la langue régionale dans les différents aspects du cursus.

La liaison avec le réseau CANOPÉ consacré à la documentation pédagogique permet l’accès aux ressources dont il dispose en la matière. Le partenariat avec l’Association Scolaire d’Oc va permettre d’offrir aux étudiants en Février 2018  deux journées de sensibilisation à la langue à travers le théâtre.

Cette action était ensuite détaillée par la représentante de l’Association Scolaire d’Oc, Annie Martel, qui dressait un tableau des chantiers entrepris pour faire connaître les artistes occitans aux écoles, sensibiliser maîtres et familles à la langue, solliciter l’appui de l’Education Nationale.

Avec le Théâtre de la Rampe, c’est plus de 2000 élèves d’une centaine de classes du département qui seront concernés par l’action entreprise, les maîtres bénéficiant d’un outil pédagogique de préparation à l’intervention. En 2016, en partenariat avec l’AELOC, avait été organisé un vaste rassemblement de chorales d’enfants sur le modèle des Cantejadas, et 18 écoles ont bénéficié cette année d’un programme d’animation musicale avec le groupe Mauresca.

Les associations et les pouvoirs publics du département déploient une action solide en faveur de la langue. Cependant, s’appuyant sur les chiffres fournis par le Rectorat d’Aix-Marseille, le majoral du Félibrige René Martel, un des responsables de la Commission Enseignement et Formation du Forum d’Oc, déplorait la régression de l’offre d’enseignement : 350 élèves de moins que l’année précédente dans le premier degré en 2017, 10 collèges et un lycée où la langue n’est plus enseignée ; dans les Alpes de Haute Provence, les écoles pourvues d’un enseignement sont passées de 7 à 4, un collège a perdu ses cours de langue et le nombre d’élèves a baissé en lycée.

Les chiffres de l’Académie de Nice ne sont guère plus satisfaisants. Cette situation a conduit les associations membres du Conseil Académique des Langues Régionales à se rapprocher pour définir des revendications communes sur la formation initiale et continue, un cursus de formation complet à l’Université d’Aix-Marseille, l’information des élèves et des familles, l’établissement des conventions prescrites par la loi entre les Rectorats et le Conseil Régional et les Conseils Départementaux.

 

Table ronde : l’occitan-langue d’oc dans la ruralité

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Le Professeur Philippe Langevin animait un débat qui faisait intervenir Michel Benedetto, expert en bâtiments, Michel Doucet, chef d’entreprise, Marc Dumas, écrivain et ancien libraire, Patrick Fabre, Directeur de la Maison de la Transhumance et concepteur du projet « La Routo », Stefano Martini, Conservateur de l’Ecomusée de Pombarnart dans la Val Stura, André Pinatel, oléiculteur et président du Syndicat régional de l’amande de Provence.

Le développement des territoires demande des initiatives qui n’attendent pas une intervention du niveau étatique. Il suppose une conscience collective de leur population reposant sur des références communes où l’héritage de leur histoire soit explicite, et dans lequel la prise en considération de la langue originelle de la région, qui a modelé tout son espace pendant dix siècles, jour un rôle capital.

Or avec son affaiblissement la mémoire de l’identité se perd et du même coup les savoirs qui adaptaient les modes d’action aux réalités du territoire. On en décèle des exemples dans le bâtiment, dans les rapports au monde animal, aux productions agricoles, à l’environnement en général.

En réponse, des initiatives multiples se déploient : réussites du plan de développement de l’oléiculture, de la production d’amandes ; le rôle moteur dans le développement d’une structure telle que l’ Ecomusée de Pombarnat, liée au projet de sentier transfrontalier de grande randonnée conçu selon la thématique de la transhumance.

Le mode de développement qui s’est majoritairement imposé au monde actuel n’est pas irréversible : les éléments de résistance qui peuvent être perçus comme des survivances vouées à disparaître ont assez de force pour constituer la base d’un modèle alternatif pour l’avenir des territoires.

Le débat permet de souligner le rapport de la langue à la ruralité du fait de sa persistance hors de l’espace urbain. Mais liée à un milieu qui se rétrécit, il faut la préserver d’un confinement dans la nostalgie, et la placer dans une dynamique de transmission d’un mode de vie à projeter dans le futur.

La langue est un élément de la résistance aux prétendues fatalités qui la menacent ; il faut s’emparer de ce qu’elle véhicule pour le mettre en valeur selon nos propres schémas. L’actualité amène à débattre de la situation de la Catalogne en soulignant le rôle que la volonté de protéger et de promouvoir la langue a joué dans le mouvement séparatiste.

 

Le schéma départemental de valorisation de la langue et de la culture régionales

La Vice-Présidente du Conseil Départemental Nathalie Ponce-Gassier résumait ensuite l’important programme adopté par l’assemblée départementale pour structurer une action efficace et responsable en faveur de la langue et de la culture d’oc.

Après avoir rappelé le rôle joué par la Haute Provence dans la promotion de la langue d’oc, les incitations légales adressées aux collectivités territoriales en faveur de la langue régionale, et l’adhésion du Conseil Départemental à la Charte du  Forum d’Oc avec ses quatre engagements (œuvrer pour l’obtention d’un cadre législatif et règlementaire adapté, assurer la présence de l’occitan-langue d’oc dans la vie quotidienne, développer l’enseignement et la formation, préserver le patrimoine et promouvoir la création), le Schéma Départemental, voté le 9 Décembre 2016, crée une Commission Départementale réunissant l’Assemblée départementale, les représentants locaux de l’Académie d’Aix-Marseille, et le secteur associatif.

La Commission a pour tâche de proposer un programme au Conseil Départemental, les axes de développement concernant le milieu scolaire, l’action culturelle publique, la socialisation de la langue et de la culture, un état des lieux permettant de créer une banque de données accessibles au grand public, et les moyens destinés à l’animation du réseau.

Enfin l’intervention conclusive du Maire de Saint Etienne les Orgues et conseiller départemental Khaled Benferhat synthétisait les problématiques exposées et ouvrait les perspectives d’actions à mettre en œuvre.

Un apéritif offert par les Distilleries et Domaines de Provence de Forcalquier achevait la manifestation.

COMPTE-RENDU DE LA CONVENTION DU FORUM D’OC DE PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR à Puyloubier – Samedi 8 Octobre 2016

La séance est ouverte par M. l’Adjoint représentant le Maire de Puyloubier, en déplacement dans une commune jumelée avec le village. Le diplôme d’adhésion au Forum d’Oc lui est remis ainsi que les insignes du label « Reconnu garant de l’Oc », avec le félicitations de l’assistance et les remerciements du Président du Forum pour l’accueil que la Commune a réservé à la Convention.

Guy Revest, Président du Forum, dresse le tableau de la situation présente du Forum.

Lire le discours du Président Revest

Mireille Benedetti, conseillère régionale, Présidente de l’Agence Régionale pour l’Environnement, et adjointe aux affaires scolaires de la ville de La Ciotat, prend la parole pour commenter la délibération du Conseil Régional en date du 24 Juin 2016. Elle y relève en particulier l’engagement très ferme des élus unanimes en faveur des langues régionales, et spécialement de la langue d’oc, présentée dans son unité et sa diversité : « sur l’ensemble du territoire régional se sont développées des langues qui ont su véhiculer jusqu’à nous les traditions et les spécificités culturelles de l’histoire de notre région et de ses divers territoires : le provençal, le gavot ou le nissard. Cette pluralité linguistique est la spécificité de notre région dans l’espace de la langue d’oc ». Elle souligne le caractère fédérateur du Forum d’Oc qui le rend apte à être un interlocuteur privilégié des élus. Elle évoque également son action en faveur du provençal auprès du public d’âge scolaire, notamment à travers l’outil du Centre Régional du Matrimoine Méditerranéen à la Bastide Marin. Elle développera ces aspects dans les échanges de la Commission Enseignement et Formation.

Bruno Genzana, Vice-Président du Conseil Départemental des Bouches du Rhône et délégué à la langue provençale représentait la Présidente et a assuré les congressistes de son engagement à l’égard de leurs préoccupations, après leur avoir ouvert les portes du Conseil Départemental pour le Congrès du Forum en Mars 2016. Après avoir déploré le désengagement de l’Etat central, il rappelle les efforts financiers importants consentis par le Conseil Départemental en la matière, notamment pour la rénovation du Museon Arlaten, mais aussi en faveur des associations qui promeuvent la langue et en faveur de son enseignement. Défendre notre langue régionale n’est pas se tourner vers le passé, mais vers l’avenir. L’identité provençale est un ciment pour tous ceux qui viennent de loin pour s’y fixer.

Les participants à la Convention se répartissent ensuite dans les trois commissions du Forum d’Oc :

1. Commission Développement durable, pouvoirs locaux, sous la présidence de ses deux responsables, Michel Benedetto et Claude Holyst ;

2. Commission Enseignement et Formation, sous la présidence de ses trois responsables, René Martel, Gilles Désécot et Olivier Pasquetti ;

3. La Commission Culture et Communication, sous la présidence de deux de ses responsables, Matieu Casanova et André Neyton.

Après une heure de débats, les responsables des commissions exposent une synthèse des échanges, et un débat s’engage avec l’ensemble des participants.

Voir les documents produits dans les commissions

Commission 1

Commission 2

Commission 3

Guy Revest conclut la session en remerciant l’ensemble des participants et se félicite des clarifications qui ont été apportées aux responsabilités de chacun dans le fonctionnement du Forum. Il faut que les commissions procèdent à des échanges réguliers d’information et que les rassemblements permettent de mesurer les progrès accomplis.

Il présente le projet de programme pour la Convention du Forum qui se tiendra à Forcalquier et dont le thème principal sera Quel rapport entre langue et territoire ?

Un apéritif convivial offert par le Forum d’Oc termine la réunion.

Les dernières adhésions

Mairie de Signes (83)

Mairie de Grasse (06)

Christiane Oskanian, 1° Adjointe à Ventabren (13)

Les Comptoirs de la Bio à Fréjus (83)

Association Li Reguignaire dóu Luberoun, Pertuis (84)

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