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Compte-Rendu – Convention du Forum d’Oc à Saint Maximin – 14 Avril 2018

PROMOUVOIR L’OCCITAN-LANGUE D’OC

DANS LES PROGRAMMES D’ACTION DES PARCS NATURELS

Forum d Oc 2018-04-14

Accueil et intervention des élus    

Monsieur le Maire de Saint Maximin était représenté par Monsieur l’Adjoint Laurent Martin, qui ouvre en son nom les travaux de la Convention, remercie le Forum d’Oc d’avoir choisi sa ville pour y tenir ce rassemblement, et souhaite à l’assemblée des travaux fructueux. Il annonce la venue de Madame la Première Adjointe Mireille Bœuf déléguée à la culture et au patrimoine historique. Monsieur Alain Decanis, conseiller municipal, assiste également à la Convention. Le Président du Forum Guy Revest remercie la Municipalité d’avoir mis gracieusement à la disposition du Forum, par l’intermédiaire de  l’association La Madalenenco, la salle des Fêtes de Saint Maximin.    

Accueil par l’Association La Madalenenco 

La Convention était donc accueillie par l’association la Madalenenco, école félibréenne, membre du Forum d’Oc depuis sa fondation.  Le Président Michel Petit rappelle que l’association fête cette année ses cinquante ans, et expose ses diverses activités dans le domaine de la promotion de la langue d’oc. Il rend hommage au rôle du Majoral René Reybaud présent dans la salle et souligne que l’association s’est engagée pour que la langue régionale soit présente dans la Charte du Parc de la Sainte Baume.

La situation du Forum d’Oc

Le Président du Forum donne la liste des personnalités qui se sont excusées de ne pouvoir assister à la Convention et résume brièvement les objectifs du Forum, qui rassemble à ce jour 421 adhérents, associations, collectivités territoriales, élus, entreprises, groupes artistiques.  Il réitère ses remerciements à la Municipalité et à l’association La Madalenenco, et justifie le choix du thème de la Convention en rappelant que les Parcs régionaux occupent un tiers de la superficie de la région et que s’y rassemble environ le cinquième de sa population. En citant le slogan des Parcs régionaux Une autre vie s’invente ici, il souligne l’importance de s’appuyer sur le socle patrimonial de la Région pour développer l’originalité de sa personnalité, qui constitue son attractivité et qui renforce la volonté de ses habitants de promouvoir un développement spécifique respectueux du milieu et de son héritage. 

Lire le discours du Président Guy Rivest

Le Président du Forum remet le diplôme et les insignes du label Reconnu Garant de l’Oc à deux entreprises situées sur le territoire du Parc de la Sainte Baume et qui viennent d’adhérer au Forum : le Domaine viticole de la Jacourette à Pourrières et l’exploitation apicole Labeillevie à Auriol. 

Le Forum d’Oc et le Parc Régional de la Sainte Baume

Monsieur Alexandre Noël, Directeur du Parc Régional de la Sainte Baume, présente les excuses du Président du Parc, Monsieur Michel Gros, retenu pour des raisons familiales. Il se félicite que la Convention se tienne à Saint Maximin la Sainte Baume, l’une des deux communes qui portent le nom du Parc, chargé de souvenirs historiques qui touchent particulièrement la tradition provençale, également présente à Brignoles, une des résidence des Comtes de Provence. Il était naturel que le provençal soit pris en compte dans la Charte du Parc, avec deux objectifs principaux : faire rayonner la culture provençale et améliorer la visibilité de la langue régionale, qu’un certain nombre de dispositions de la Charte visent à promouvoir. Il s’agira en particulier d’organiser des parcours thématiques autour du provençal et réaliser une signalétique routière bilingue qui va se manifester déjà dans la pose de panneaux bilingues à l’entrée des communes du Parc ; de soutenir des programmes d’apprentissage de la langue, et d’éditer un guide des spécificités du Parc donnant une large part à la présence de la langue (toponymie, désignation des espèces vivantes, etc.). 

Ecouter et voir un extrait de l’intervention de Monsieur Alexandre Noël

Monsieur Michel Arnaud, Président du Comitat Provençau de la Santa Bauma-Coumitat Prouvençau de la Santo Baumo, rappelle l’investissement qui a été pendant cinq ans celui des membres de ce Comité, issus des milieux du Félibrige et de l’Institut d’Etudes Occitanes, pour inciter à la prise en compte de l’occitan-langue d’oc dans la Charte du Parc, tâche qu’il s’attachera naturellement à poursuivre à l’avenir : socialiser la langue, la rendre visible dans la signalétique, les publications ; développer des programmes d’apprentissage en milieu scolaire et en milieu professionnel, à commencer par les agents du Parc et les Offices de tourisme ; associer la population au projet par une animation ciblée ; valoriser le patrimoine matériel et immatériel, sans le déprécier dans la folklorisation, mais l’intégrer comme composante du développement. Dès à présent, la carte du Parc qui vient d’être éditée pour le grand public inclut le provençal maritime dans les deux graphies classique et mistralienne. Rappelant les obstacles auxquels s’est heurtée la volonté du Comité, et la détermination avec laquelle il a su les surmonter, Monsieur Arnaud appelle à rester attentif au respect des engagements.

Voir les engagements de la Charte du Parc en faveur de l’occitan-langue d’oc.

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Lire le texte de l’intervention de Monsieur Michel Arnaud

Ecouter et voir la conclusion de l’intervention de Monsieur Michel Arnaud

Un exemple de démarche concertée est fourni par le projet de l’école élémentaire Jean-Mermoz 2 d’Aubagne sur la découverte du patrimoine naturel et du patrimoine industriel du massif de la Sainte Baume. Ce projet a été financé dans le cadre du Prix des Jeunes attribué par l’Association Culturelle Provençale de Ventabren et l’AELOC, et a donné lieu à un film du Comité Provençal de la Sainte Baume.

Voir le film sur le projet de l’école Jean Mermoz.

Un exemple : l’occitan-langue d’oc dans le Parc Naturel du Périgord-Limousin

Madame Stéphanie Pouplier, chargée de mission pour la culture occitane, a bien voulu préparer un document très complet à l’intention de la Convention du Forum d’Oc pour présenter l’action du Parc du Périgord-Limousin dans ce domaine. Un problème technique n’a pas permis d’associer le son aux images du document, et Monsieur Michel Arnaud les a commentées à partir de son écoute préalable de la partie sonore.

 

Table ronde et débat avec le public :  des intentions au concret

La table ronde était présidée par Monsieur Jean-Marc Thénoux, Président de l’Ecomusée de la Sainte Baume. Elle réunissait Madame Marie-Françoise Lamotte, Directrice d’école à Puyloubier, Monsieur Robert Eymoni, restaurateur et spécialiste de gastronomie provençale, Monsieur Denis Fiorile, apiculteur à Auriol, Claude Holyst, Directeur de l’Agence Régionale pour l’Environnement, Monsieur André Inaudi, de l’Association Pays et Gens du Verdon. Trois autres intervenants ont dû renoncer à être présents pour raisons impératives, Madame Hélène Dragon, exploitante du domaine vinicole La Jacourette à Pourrières, Madame Eliane Tourtet, journaliste et conseillère municipale dans le Parc des Baronnies, et Monsieur Jean-Marc Couve, député-maire honoraire, président de l’Association Maures-Développement durable.

Monsieur Jean-Marc Thénoux rappelle son attachement à la langue provençale de par ses origines dans le terroir de la Sainte Baume, son rôle dans le Conseil de Parc, sa fonction au sein de la Fédération des Ecomusées en relation avec la Fédération des Parcs naturels régionaux français. A partir du thème général de la Convention, et celui de la table ronde qui consiste à s’interroger sur les moyens concrets de développer la langue dans les actions menées par les Parcs naturels, il demande aux participants de présenter les démarches et projets qui peuvent efficacement concourir à ce but, puis les obstacles rencontrés et comment ils ont pu être surmontés ; suivra un débat avec la salle.

Madame Marie-Françoise Lamotte insiste sur le rôle des associations pour faire avancer la langue dans l’enseignement, et la nécessité de mutualiser les initiatives des établissements scolaires. Les moyens de l’Education nationale sont de plus en plus réduits, l’enseignement demande des supports attrayants, des projets motivants que seul le milieu associatif aidé par les collectivités territoriales peut fournir. La mise en commun des réalisations entre les établissements est indispensable, elle restent  pour l’instant éparses et isolées. 

Monsieur André Inaudi  rappelle les origines de l’association « Pays et Gens du Verdon » fondée en 1991 par Daniel Daumas, et regrette que les actions de sensibilisation à la langue autrefois initiées dans la région du Verdon à destination du public et particulièrement du milieu scolaire aient été abandonnées. Il déplore la perte de la transmission de la mémoire dans des zones devenues des « territoires sans nom » . L’association dont il est administrateur a pour ancrage cette zone géographique, mais la problématique qu’elle dessine présente une portée universelle ; avec la revue qu’elle publie, et où la langue régionale est présente, elle se donne pour mission de rechercher les personnes porteuses d’une mémoire et susceptibles de la transmettre.  

Monsieur Claude Holyst rappelle qu’il a commencé sa carrière comme stagiaire dans la zone du Parc du Verdon, et dans le travail qu’il menait sur la question du foncier il a perçu le lien qu’elle entretient avec la culture. L’Agence régionale pour l’Environnement qu’il dirige est souvent perçue comme limitée à la protection du milieu naturel, tout comme les Parcs qu’on tend à percevoir comme des réserves, alors que l’une et les autres ont pour mission de susciter un dynamisme dans tous les aspects du développement durable, incluant les pratiques sociales et les façons de vivre dans les territoires, facteur d’identification et donc d’ouverture, la langue étant à la fois moyen d’intégration interne et de communication, non seulement dans tout l’espace occitan, mais dans l’espace latin et méditerranéen et même au delà : ainsi la technique de la pierre sèche se retrouve en Ecosse aussi bien qu’en Amérique latine. 

La région est un espace de forte intégration, aussi bien depuis les  régions françaises du Nord de la Loire que des foyers d’émigration. La fierté d’appartenir à un territoire est un élément de forte complicité qui constitue aussi un facteur d’attractivité. Ainsi l’entreprise L’Occitane a des succursales dans toutes les capitales ; elle a structuré des filières de plantes aromatiques sur son territoire : on voit ainsi comment s’établit le lien entre le local et l’international. La difficulté est de faire passer ces messages au sein des institutions : on peut y parvenir en créant des binômes élus-techniciens, mais au sein des Parcs il n’y a pas de fonction chargée spécifiquement de la langue et de la culture régionale. Sans cette double cheville, la démarche est bloquée.

Voir et écouter un extrait de l’intervention de Monsieur Claude Holyst

Monsieur Denis Fiorile remercie le Forum d’Oc de lui donner l’occasion. de présenter ses produits. En tant que producteur il se pose naturellement la question du devenir global du territoire et le rôle que peut y jouer la constitution d’un Parc naturel. Prenant l’exemple de la ville d’Auriol, il soulève le problème actuel d’une zone agricole susceptible d’être déclassée. Pour limiter le bétonnage des espaces naturels, une action solidaire s’impose.  

Monsieur Robert Eymoni évoque d’abord son étonnement lorsque, enseignant dans l’Agence Nationale pour la Formation à Istres, il constate que sur les 32 semaines de formation des cuisiniers, une seule semaine était consacrée à la cuisine provençale. Il souligne l’importance du lien avec la langue dans la transmission des savoirs en matière de gastronomie et d’alimentation (des tapenades sans « tapenas » !), des manières de table aussi. Il juge donc encourageantes les intentions du Parc de la Sainte Baume et du Luberon pour promouvoir la pratique de la langue.

Monsieur Jean-Marc Thénoux pose alors la question de cerner les éléments de blocage qui entravent la prise en compte de la langue et de la culture régionale dans les programmes d’action.

Monsieur André Inaudi remarque que la liste des obstacles est déjà dressée, et qu’on continue à s’y heurter. La perte de la transmission de la mémoire a commencé par la famille, les manières et façons de s’exprimer. Ce qui a constitué les éléments de la culture régionale s’est érodé ; quand on recherche ses formes originelles, il faut se tourner vers le passé. La culture dominante des villes se propage, les urbains voient la nature comme sauvage, alors qu’elle a été partout transformée par le travail humain, et on ne s’intéresse pas aux savoirs non répertoriés. Il craint que les Parcs participent à ce « jacobinisme » culturel.  

Madame Marie-Françoise Lamotte déclare que les programmes de l’Education Nationale sont très ouverts, mais restent sans moyens spécifiques adéquats, et le caractère facultatif de cet enseignement le rend très instable. La formation initiale est inexistante dans le premier degré, la formation continue à peu près autant, malgré les efforts des conseillers pédagogiques de langue régionale des Bouches du Rhône, présents dans la salle. Le CAPES d’occitan-langue d’oc offre quatre places annuelles pour l’ensemble des pays occitans. La proportion des élèves rencontrant la langue régionale varie entre 1 et 3 % de l’effectif total dans le premier et le second degré pour les deux Académies de Nice et de Marseille. Le soutien de l’institution est défaillant, aucune nouvelle classe bilingue ne s’est ouverte depuis des années à Aix-Marseille et quasiment rien dans l’Académie de Nice. Ailleurs la situation est contrastée : le département de l’Hérault risque de perdre son unique conseiller pédagogique de langue régionale. En revanche, à Toulouse, le nombre de classes bilingues est en progression tous les ans, le Conseil Régional offre des bourses aux étudiants qui s’engagent à exercer dans une école bilingue : on en est loin ici ! La volonté politique est un appui indispensable.

La pente naturelle de la demande parentale met en concurrence la langue régionale avec l’anglais et à présent le chinois, sans percevoir que l’important est la fréquentation d’une autre langue dès la petite enfance, dans une situation pourvue de sens : il est absurde de commencer l’apprentissage du chinois à 4 ans si on n’a pas le projet de vivre en Chine, alors que les occasions de rencontre avec la langue régionale seront bien plus significatives dans le quotidien du milieu de vie de l’enfant. Toute la partie du programme concernant la découverte du monde peut se faire en utilisant la langue régionale, et permet des activités centrées sur le milieu de vie ou des explorations en ligne. Quand on explique ces arguments aux familles et aux élèves on est suivi avec enthousiasme, mais ce travail constamment à renouveler est très coûteux en énergie .   

Monsieur Claude Holyst  distingue les obstacles individuels qui conduisent à ne pas oser parler la langue à ses enfants, à son entourage ; il remarque que dans son village de Pourrières bien des gens savent la parler mais s’en abstiennent : il faut susciter les enthousiasmes et donner du sens à la volonté de s’approprier la langue ; et les obstacles collectifs, qui proviennent de ce que l’usage de la langue ne véhicule pas une image de modernité, bien que cette critique s’atténue à présent. Mais la société contemporaine vit dans le court terme, la tyrannie de la rentabilité, les références prétendues de la mondialisation qui truffent les discours d’anglicismes branchés. L’intérêt du Forum d’Oc est de vouloir bâtir une vraie stratégie politique, qui remonte depuis les cercles militants et qui cherche à se faire valider par les politiques, en passant par le niveau régional qui a des compétences en ce domaine pour parvenir à un stade décisionnel utile. 

Monsieur Robert Eymoni constate le manque de bain culturel et linguistique. La nouvelle génération qui perdu la langue peut recevoir au mieux quelques heures d’enseignement du provençal en milieu scolaire, mais hors de l’établissement la langue est exclue. C’est ce vide qu’il faut arriver à combler.

Le débat

Monsieur Marc Dumas, représentant la Présidente du Parc du Luberon, recherche ce qui fait le lien entre toutes les pistes qui ont été évoquées : c’est à ses yeux la connaissance. Se référant à Pierre Martel, fondateur du mouvement des Alpes de Lumière, pour qui tout commence par la géologie, il suggère de s’interroger sur la géologie de notre langue, et évoque le rapport entre la langue et le milieu, en prenant l’exemple de la toponymie. Rappelant son action pédagogique tant auprès du public scolaire qu’adulte, il relate l’expérience d’auditeurs de ses cours, originaires d’une autre région, qui ont utilisé leurs connaissances de provençal pour approcher l’espagnol lors d’un voyage au Mexique. Le provençal peut jouer un rôle majeur dans le processus d’intercompréhension des langues romanes. Mais encore faut-il que la volonté de le promouvoir soit efficiente. Rappelant son rôle déterminant dans la création de la Calandreta d’Orange, passée en quelques années d’un groupe de dix élèves à trois classes, il ne peut  que déplorer que seulement deux écoles de ce type aient été créées en Provence, alors qu’il y en a une dizaine dans la région toulousaine.

 

Monsieur Bernard Vaton, président de la Fédération des Calandretas de Provence, rappelle que ces écoles laïques associatives  en contrat avec l’Etat sont actuellement au nombre de 71, qu’elles débouchent sur 4 collèges et un lycée. Elles emploient 220 enseignants dont 180 sont des contractuels de l’Etat, et elle dispose d’un centre de formation national à Béziers. Elles ont comblé le vide laissé par l’Education Nationale en la matière. Mais notre région n’en compte que deux. De l’autre côté du Rhône, les régions consacrent deux millions d’euros aux Calandretas, la nôtre lui en consacre 55 000. Il déplore l’absence d’une politique régionale de promotion de la langue comparable à celle des autres régions occitanes ou à celle du Conseil Régional de Bretagne. La politique nationale n’est pas plus favorable ; on a même récemment allongé à 5 ans de fonctionnement sur ressources propres le délai nécessaire avant qu’une école nouvellement créée soit contractualisée. 

Monsieur Michel Neumuller, journaliste et rédacteur du journal papier et électronique Aquò d’Aquí, donne en exemple le travail de l’Agence Régionale de l’Environnement qui publie des brochures trilingues (français, anglais, provençal) sur la régénération d’espèces menacées, comme la vipère d’Orsini ou la tortue d’Hermann. Les Parcs naturels pourraient s’emparer de cette démarche.

Monsieur Christian Ollivier se félicite de l’intérêt des interventions et attire l’attention sur la nécessité de préserver à la région son nom de « Provence ». Il souhaite que la question soit abordée dans le cadre du Forum. 

On rappellera à ce sujet que le Forum a adressé un courrier en ce sens au Président du Conseil Régional.   

Le travail des Commissions

Lire les comptes-rendus des trois Commissions du Forum      

Commission Développement durable, pouvoirs locaux

Commission Culture et Communication

Commission Enseignement et Formation

Les conclusions du colloque par Monsieur Jean-Marc Thénoux

Lire les conclusions

Article de Var Matin

Article Var-Matin  

   

  

 

 

CONVENTION DU FORUM D’OC DE PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR – le Samedi 14 Avril 2018 de 13 h 30 à 18 heures

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Salle des Fêtes – Pré de Foire

sur le thème Promouvoir l’occitan-langue d’oc 

dans les programmes d’action des Parcs naturels

 

13 h 30  Accueil

14 h        Ouverture de la Convention par M. le Maire de Saint Maximin-la Sainte Baume

Intervention des Élus

        La promotion de la langue à Saint Maximin : l’Association La Madalenenco

14 h 15   Présentation de la session par le Président du Forum d’Oc

14 h 30  Parcs naturels et promotion de la langue et de la culture régionale

Mme. Jacqueline Bouyac, Conseillère Régionale déléguée aux Parcs Naturels Régionaux

14 h 45  L’exemple du Parc Naturel Régional de la Sainte Baume

M. Michel Gros, Maire de la Roquebrussanne, Président du Parc

M. Alexandre Noël, Directeur du Parc : l’occitan-langue d’oc dans la Charte du Parc

M. Michel Arnaud, président du Coumitat Prouvençau de la Santo Baumo-Comitat – Provençau de la Santa Bauma : des pistes concrètes

Film : la Sainte Baume et le projet « Siam d’Aquí » de l’école Jean Mermoz d’Aubagne

15 h 15  Interview filmée de Mme. Stéphanie Pouplier, chargée de mission culture occitane du Parc du Périgord-Limousin

15 h 30 Table ronde.

Des intentions au concret. Dirigée par M. Jean-Marc Thénoux, Président de l’Ecomusée de la Sante Baume, avec Mmes. Hélène Dragon, Marie-Françoise Lamotte, Eliane Tourtet, MM.  Jean-Michel Couve, Robert Eymoni, André Inaudi, Claude Holyst.

16 h 15  Echanges avec le public

16 h 30  Pause

16 h 45  Travail en commissions :

Développement durable et pouvoirs locaux, Enseignement et formation, Culture et communication.

17 h 30   Synthèses ; conclusions par M. Jean-Marc Thénoux

18 h        Apéritif offert par le Forum d’Oc

Exposition-vente de produits des terroirs

 

 

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Le Forum d’Oc, vœux 2018 à la presse – 30 janvier 2018. Bastide Marin

Merci d’abord à tous ceux qui ont répondu à notre invitation pour prendre des nouvelles de ce projet ambitieux du Forum d’Oc. C’est un beau symbole que nous soyons ici pour présenter nos vœux à la presse et aux membres et amis du Forum, car cette Bastide Marin est à l’image de notre langue : un héritage prestigieux maltraité par une histoire impitoyable, mais qu’une équipe courageuse a fait le pari de rétablir dans toute sa dignité avec une foi inébranlable.

La langue d’oc ou langue occitane, qui est la langue originelle de tout le Midi de la France, se décline en Provence, vous le savez, dans ses trois variantes provençale, niçoise et alpine. Elle a été victime des politiques désastreuses du centralisme royal et républicain, et de nos propres abandons, jusqu’à ce que la société commence à percevoir le désastre que représente pour un pays la perte de sa diversité dans tous les domaines, diversité naturelle, diversité culturelle, diversité linguistique. Bien des archaïsmes continuent à résister à cette prise de conscience, mais le mouvement est enclenché et nous savons qu’il est puissant.

Le processus lent et chaotique de la décentralisation a tout de même conduit à un certain renforcement des pouvoirs régionaux, et des régions s’en sont emparées pour jeter les bases d’une politique de sauvetage et de promotion de leurs langues. Ainsi l’a fait la Corse, la Bretagne, l’Aquitaine pour le basque et la langue d’oc, comme la région languedocienne qui s’est emparée abusivement du nom d’Occitanie. La Provence en est à l’étape de l’ébauche.

Ce début de réofficialisation des langues de France est tout de même timidement pris en charge par l’Etat central, non sans aléas et régressions, dans le domaine de l’enseignement, entre autre par la création du CAPES d’occitan-langue d’oc. Mais ce qui a permis à ces langues de résister c’est la constitution de grands mouvements culturels, dont les plus anciens et les plus emblématiques sont le Félibrige, né en Provence sous l’impulsion de Fréderic Mistral, et l’Institut d’Etudes Occitanes, né, ce n’est pas un hasard, dans la Résistance. Dans leur sillage une multiplicité d’associations, troupes théâtrales, groupes musicaux, œuvrent pour maintenir, transmettre et développer la langue. Il s’agissait de rassembler toutes ces énergies à l’échelle de notre région, pour amplifier leur dynamisme, leur offrir un outil d’information réciproque, un espace d’échanges et de débats, et constituer pour les pouvoirs publics et les décideurs du monde socio-économique un interlocuteur rassemblé qui ne perde rien de sa diversité.

Le Forum d’oc est donc le nom de cette dynamique qui a vu le jour en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2014. A ce jour, plus de 400 associations, groupes artistiques, entreprises, municipalités et autres collectivités territoriales, élus adhérant à titre individuel, répartis sur tout le territoire régional, ont décidé de devenir membres du Forum d’Oc.

Ils sont reliés en permanence par un site assorti d’une lettre d’information, une page Facebook et un compte twitter, et on leur propose deux rassemblements annuels, la Convention qui met en commun informations et projets : elle aura lieu cette année le 14 Avril à Saint Maximin et son thème central sera la présence de la langue dans les plans d’action des Parcs Naturels de la région ; et le Congrès, destiné à faire connaître le Forum auprès du public, qui a eu lieu à Marseille en 2016 au Conseil Départemental, à Forcalquier en 2017 sous l’égide également du Conseil Départemental,  et qui aura lieu à Nice à l’automne 2018. Le Congrès de Nice s’interrogera sur le rôle de l’occitan-langue d’oc dans l’intégration des mouvements de population à la région par la constitution d’une référence à la fois commune et spécifique au territoire. Cette référence est l’élément fondamental de la personnalité de notre région, et cette personnalité est la pièce maîtresse de son attractivité, ce que commencent à percevoir les milieux économiques et les promoteurs du développement durable.

Mireille Benedetti, qui apporte au Forum d’Oc ses hautes compétences dans le domaine de la communication, a  préparé à votre intention un film qui illustre les démarches du Forum par un choix de moments significatifs de ses activités au cours de l’année 2017.

La vidéo et l’article d’Aquo d’Aqui

Voeux 2018 du Forum d’oc. Bastide Marin 13600 TV la Ciotat

Langue et culture d’Oc… un héritage culturel – Digne-les-Bains – 31 janvier 2018

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Contenu :

  • 9h : Accueil par Nathalie Ponce Gassier, première vice-présidente déléguée aux collèges, au numérique, à la jeunesse et à la langue provençale.
  • 9h30-10h30 : La langue et la culture régionale « l’héritage bas Alpin », par Michel Benedetto, majoral du Félibrige.
  • 11h-12h : Langue et culture régionale à travers les médias (l’exemple du journal Aquo d’Aqui), par Michel Neumuller, journaliste.
  • 13h30-14h45 : Patrice Gauthier, chargé de mission culture et langue régionale, Région PACA.
  • 14h50-15h30 : Animation scolaire d’Oc.
  • 16h-16h30 : Conclusion de la journée avec Hervé Guerrera, président de l’Oustau de Prouvenço.

Festival Cantar lou païs – Printemps 2018

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3 journées autour du chant traditionnel
3 dates à retenir et 2 bulletins d’inscription

Cabris – samedi 7 avril 2018

1er concours de chant traditionnel en langue d’oc (trio vocal)

(nouveau : 300€ de prix au trio gagnant)

téléchargez votre bulletin d’inscription sur le site 100chansonsdeprovence.com
http://www.100chansonsdeprovence.com/festival-cantar-lou-pais/

 

Fayence – samedi 21 avril 2018

Formation vocale – Master class

avec Michel Bianco et Françoise Marchetti
(Corou de Berra)

25€/personne. 30 stagiaires maxi. 9h/18h
téléchargez votre bulletin d’inscription sur le site 100chansonsdeprovence.com
http://www.100chansonsdeprovence.com/festival-cantar-lou-pais/

 

Seillans – samedi 2 juin 2018

la targa dei cantaïres

Concerts non stop de 15h à 23h
Chœurs de chant traditionnel en langue d’oc

LE CONGRÈS DE NICE – le 17 novembre 2018

Thème : Vivre en diversité en Provence-Alpes-Côte d’Azur : 

le rôle de l’occitan-langue d’oc

Les Congrès ont pour fonction de faire connaître l’action du Forum d’Oc auprès d’un public plus vaste, à partir d’une réflexion sur une question d’actualité dans laquelle on s’efforce de cerner le rôle de la langue.

La promotion de notre langue doit trouver sa place dans le processus qui permet la cohésion sociale de la région et l’intégration de la population qui s’y ajoute au fil du temps. Cette question touche au débat qui agite la société contemporaine sur le thème de l’identité, et il a été ouvert par le Colloque de l’AELOC, membre fondateur du Forum,  en Novembre 2017, au cours duquel des données importantes ont été recueillies.

La localisation du Congrès à Nice, après celui de Marseille et celui de Forcalquier, s’inscrit dans la volonté du Forum de se présenter au public dans les différentes aires de la région.

Compte-rendu du COLLOQUE DE ROUSSET le 25 novembre 2017

LA LANGUE D’OC ET LA QUESTION DE L’IDENTITÉ

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Les colloques de l’AELOC scandent tous les deux ans la vie de notre réseau en proposant le seul rassemblement régional d’envergure sur l’enseignement de la langue et des conditions de sa transmission.

Le douzième depuis la création de l’association inaugure une réflexion urgente sur la question de l’identité, source de débats passionnés et de divisions profondes dans la société nationale comme régionale. Echanges et apports ont en tout cas été unanimement appréciés pour leur haute qualité.

Il s’agissait d’abord de mettre le sujet dans la perspective de l’enseignement qui est le but de l’AELOC : un bref rappel de la situation en milieu scolaire présenté par Nathalie Wurbel en montrait à la fois les avancées indéniables depuis les trois ou quatre dernières décennies et les fragilités permanentes, crûment mises en valeur par les impitoyables statistiques des deux rectorats régionaux : moins de 3 % des écoliers, 2 %  des collégiens, 1 % des lycéens sont touchés par cet enseignement, et reste à savoir à quel niveau d’efficacité pour chacun.

1. Nathalie Wurbel. Les chiffres officiels des Académies d’Aix-Marseille et de Nice

Mireille Benedetti, à partir des compétences que lui confère sa fonction d’élue régionale et d’adjointe aux affaires scolaires à La Ciotat, s’attachait ensuite à cerner l’identité régionale pour laquelle la nouvelle mandature a décidé de confier une mission à l’un des Vice-Présidents du Conseil Régional, Philippe Vitel, et en faveur de laquelle l’assemblée régionale a voté une de ses premières délibérations en Juin 2016.

2. Mireille Benedetti. L’identité régionale

Représentant le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale des Bouches du Rhône, Pierre Blache, Inspecteur de l’Education Nationale dans le territoire où se tenait le colloque, rappelait l’intérêt porté par son Administration à ce chantier, et reprenait l’historique du projet spécifique qui a permis au département de le développer de façon aussi originale que prometteuse.

Le diaporama de l’intervention: Identité régionale

3. Intervention de l’Inspecteur Pierre Blache représentant le Directeur Académique

Il fallait ensuite cerner le concept même d’identité dans sa relation avec les langues de France, et c’est à ce défi que s’affrontait Christian Lagarde, professeur à l’Université de Perpignan, qui avait accepté de remplacer Pascal Ottavi de l’Université de Corte prévu par le programme et empêché pour raison de santé.

Dans un exposé d’une parfaite clarté, il synthétisait l’évolution du statut des langues de France dans les deux derniers siècles, puis exposait les approches fondamentales du concept d’identité en s’appuyant sur les travaux de Fredrik Barth, de Gilles Deleuze et Félix Guattari, ainsi que de Paul Ricœur, pour opposer une conception contrainte par la pression du groupe à une démarche d’ouverture plus libérée, à la première correspondant le sentiment d’appartenance, la métaphore de la racine, la notion de « mêmeté » uniforme ; à la seconde la notion de référence, l’image botanique du rhizome, et le concept d’ipséité selon Paul Ricœur, possibilité d’être soi-même dans toute la diversité de chaque individu.

La vidéo Un film du Cep d’Oc, Image et montage Marie-Françoise LAMOTTE a retrouvé également sur le site de l’AELOC

 

4. Les langues de France devant la question de l’identité. Intervention du Professeur Christian Lagarde

Sur ces bases, et après un dialogue avec l’assistance, Pierre Blache menait avec rigueur et dextérité un riche débat qui faisait intervenir, autour de Christian Lagarde, une Directrice d’école maternelle, notre collègue Marie-Françoise Lamotte, un professeur d’occitan-langue d’oc, notre collègue Mathieu Poitavin, et Abdelhak Elhadi, Directeur des Accueils de Loisirs de la Ville de La Ciotat qui développe un vaste projet d’approche de la langue d’oc en relation avec les écoles publiques.

Le texte de Christian Lagarde : Le concept d’identité appliqué aux « langues de France »

 

L’intervention

5. Une langue pour rassembler. Débat animé par l’Inspecteur Pierre Blache

Miquèu Montanaro, après avoir rappelé la grande diversité des origines de son groupe familial, montrait comment les échanges nourrissent chaque identité sans l’altérer, mais en accompagnant ses inéluctables évolutions. Cette démarche d’intégration s’est incarnée dans le village varois de Correns dont la dynamique s’est développée en concomitance avec l’installation du Centre de création des nouvelles musiques traditionnelles et du monde.

Ce mode de création, Miquèu Montanaro et son fils Baltazar avec qui il forme le duo « Ki », d’un mot hongrois qui a pour connotation l’extériorité tout en servant à interroger sur l’identité, en donnait de brillants exemples dans un climat intime et attentif.

6. L’identité provençale s’ouvre au monde : la voie de la création musicale. Miquèu et Baltazar Montanaro

Les partenaires de l’AELOC au sein du Forum d’Oc avaient apporté leur concours habituel, par leur présence et par la tenue de stands présentant les productions culturelles et pédagogiques de chacun. L’association l’Aigo Vivo de Rousset a assuré un accueil spectaculaire démontrant l’originalité de sa recherche qui retravaille la tradition à travers le contemporain et sait y associer la jeune génération.

Enfin, la réception de la Ville de Rousset, inaugurée par l’intervention de l’Adjoint Délégué à la Culture au nom du Maire, a été chaleureuse et irréprochable, avec un personnel municipal attentif au moindre détail, et l’offre d’un généreux apéritif qui a terminé la journée dans une joyeuse ambiance.

La vidéo à retrouver également sur le site de l’AELOC